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lieu:  Université Toulouse Jean - Jaurès, Campus du Mirail

Écopoétiques du cirque

Depuis de nombreuses années, les questions écologiques traversent le secteur des arts vivants. Dans le champ du cirque contemporain, elles se sont notamment traduites par une réflexion sur les conditions de production, de diffusion et
d’organisation du secteur professionnel . Le projet européen de coopération transfrontalière EKO, Pyrénées de cirque, qui vise à « développer les capacités et les compétences des acteurs du cirque transfrontalier pour opérer la transition
écologique », témoigne de cette dynamique. Inscrite dans ce projet européen et organisée en partenariat avec La Central del Circ à Barcelone, la journée d’études « Écopoétiques de cirque » propose de déplacer le regard des conditions matérielles vers les formes artistiques elles-mêmes. Il s’agit ainsi d’interroger la manière dont les préoccupations écologiques se traduisent dans les écritures circassiennes, dans leurs esthétiques, leurs dramaturgies, leurs modes de relation aux corps, aux matières, aux espaces et à la nature. La notion d’écopoétique, développée dans le champ de la littérature et sous l’impulsion de l’écocritique anglo-saxonne, a depuis été progressivement réinvesties dans d’autres disciplines (philosophie, arts plastiques, arts vivants).

Dans le champ universitaire, l’écopoétique « n’est pas la plate mise en fiction de programmes écologiques » mais désigne des œuvres dont les « formes [sont] infléchies par une pensée d’ordre écologique ». À ce titre, le cirque apparaît comme un terrain particulièrement fécond. Art du corps, en relation avec les forces physiques, les matériaux, les agrès, les paysages et les espaces, de nombreux artistes contemporains interrogent les relations entre humains et non-humains dans des formes hétérogènes dont les perspectives écopoétiques commencent à être explorées.

Sans affirmer en amont qu’il existe une « écopoétique de cirque » comme catégorie déjà constituée, nous pensons cette journée d’études comme un espace d’expérimentation et de réflexion partagée entre artiste et chercheur·e·s. Il s’agira
moins de définir une nouvelle catégorie esthétique pour le cirque que d’explorer ce que cette notion peut révéler des pratiques circassiennes contemporaines.

Comment les artistes s’emparent-ils et elles explicitement de ces enjeux ? En quoi l’écopoétique comme notion offre-t-elle un outil pour appréhender l’analyse des œuvres ? Quels liens se tissent avec d’autres approches critiques, notamment
les pensées écoféministes, décoloniales ou queer, qui interrogent elles aussi les relations de domination, de vulnérabilité et d’interdépendance ? Enfin, quelles sont les limites d’une telle notion pour penser les esthétiques du cirque
aujourd’hui ? Cette journée d’études entend ainsi réunir des chercheur·e·s et des artistes circassiennes entre la France et l’Espagne afin de faire dialoguer analyses théoriques et expériences de création sous l’angle de la notion d’« écopoétique ».

Comité scientifique :
Marion Guyez, MCF en cirque, LLA-CREATIS
Carolina Moreno Haverlant, doctorante en cirque, LLA-CREATIS
Miren Barenna, doctorante en arts plastique, Université de Bilbao
Comité d’organisation :
Delphine Champagne, La Fabrique, UT2J
Daphné Malherbe, La Central del Circ
Marion Guyez, MCF en cirque, LLA-CREATIS, UT2J
Carolina Moreno Haverlant, doctorante en cirque, LLA-CREATIS, UT2J
Miren Barenna, doctorante, Université de Bilbao